L’Équateur, territoire relativement petit, est un pays dans lequel habite un creuset de paysages, de races et de coutumes ; de là une ample richesse culturelle métisse, au fort caractère andin, est née.
Les premières expressions de danse scénique équatorienne sont apparues dans les années 70, avec l’arrivée de maîtres étrangers qui ont apporté les techniques de danse classique et moderne. Des institutions subventionnées par l’État, comme la Compañía Nacional de Danza et le Ballet Ecuatoriano, ont été créées à cette époque. Ces institutions se sont chargées de la formation des danseurs et des chorégraphes qui ont été les pionniers de la danse moderne et contemporaine d’Équateur. La danse qui se développe depuis plus de 30 ans, grâce à l’engagement et la gestion indépendante, a été marquée par l’hérédité des techniques classiques et modernes avec une forte influence folklorique.
Lors de cette dernière décennie, de nouvelles perspectives ont été ouvertes pour la danse grâce à la création de divers festivals internationaux et à la présence de jeunes artistes qui ont complété leur formation dans d’autres pays. Cependant, il existe très peu de soutien à la production ; les espaces de réflexion et l’étude théorique sont insuffisants autant que l’actualisation de l’information.
La danse se développe régulièrement tant dans la capitale, Quito, que dans les villes côtières de Guayaquil et de Manta. A Cuenca, au sud du pays, la première professionnalisation spécialisée en danse a récemment été créée. Dans le reste du pays, l’activité se concentre principalement sur la danse folklorique. Au cours de ces dernières années, certaines petites villes comme Santo Domingo de los Colorados, Ibarra et Ambato ont commencé à développer des activités rattachées à la danse contemporaine.
Le circuit de festivals d’arts scéniques a été créé en 2002, sous l’impulsion de trois associations culturelles à Quito, Guayaquil et Manta. Le circuit organise deux saisons annuelles : une saison d’arts scéniques qui est réalisée en septembre avec les festivals Spondylus de las Artes de Quito, le Festival d’Arts Scéniques de Guayaquil et le Festival International de Théâtre de Manta ; et une saison de danse en juin / juillet avec la Rencontre des Chorégraphes de Quito, Fragmentos de Junio de Guayaquil et la Rencontre Internationale Manta por la Danza.
Cette initiative, qui a pour objectif de stimuler la circulation des artistes nationaux et internationaux dans le pays, a été bien reçue par tous les secteurs culturels et s’étend actuellement à d’autres villes du pays.
Les autres festivals à mentionner sont : le Festival Internacional de Teatro Experimental de Quito-FITEQ (Festival International de Théâtre Expérimental de Quito), créé en 1997 ; le Festival Alas de la Danza qui est célébré à Quito depuis 1998 dans un format extensif avec des présentations tous les deux mois ; le Festival les Mujeres en la Danza (Femmes dans la Danse), festival international qui programme différents styles de danse et qui bénéficie d’un très bon accueil du public. A Guayaquil est organisé, avec le soutien de l’ Alliance Française , le Festival de Solos y Duos “De mis amores en danza” (Festival de Solos et Duos "De mes amours dans la danse"), qui bénéficie d’une programmation de groupes équatoriens.
Ces festivals sont créés à l’initiative des artistes et des gérants indépendants et disposent de rares subventions provenant de quelques institutions locales et d’entreprises privées.
Les groupes stables qui disposent de leurs propres théâtres organisent toute l’année des saisons de danse en programmant dans leur plan de diffusion des groupes nationaux et internationaux. Ils réalisent aussi de petits festivals et des cycles internes comme ceux organisés par le Frente de Danza Independiente (Front de Danse Indépendante) : le Festival de Jóvenes Coreógrafos (Festival des Jeunes Chorégraphes) et le Cycle de Vidéodanse.
Les principaux théâtres du pays sont le Théâtre National de la Maison de la Culture, le Théâtre Bolivar, le Théâtre National Sucre, le Théâtre du Centre Culturel Sarao et le Musée d’Anthropologie et d’Art Contemporain-MAAC . Il existe des espaces et des salles alternatives qui programment toute l’année des saisons de danse. Les plus représentatives sont : la Salle Mariana de Jesús du Front Indépendant de Danse, le Théâtre de l’Association Humanizarte, et l’espace de l’Association Humboldt (dépendant de l’Institut Goethe).
À Quito, il existe un Réseau de Théâtres qui s’étend peu à peu à d’autres salles dans des villes distinctes.
L’un des collectifs les plus importants pour la danse contemporaine équatorienne est le FDI - le Frente de danza Independiente (Front de danse Indépendante), avec plus de 24 ans de travail créateur, expérimental et de recherche, en utilisant différents langages. Le FDI a réalisé un travail important pour la formation des nouvelles générations.
Il existe deux compagnies qui dépendent de l’état : la Compañía Nacional de Danza et le Ballet Ecuatoriano de Cámara. Ces compagnies se consacrent principalement à la réalisation d’oeuvres de ballet et de danse moderne, certains de ses interprètes et chorégraphes sont étrangers.
Des diplômes de professionnalisation en danse ont été créés ces dernières années au sein des universités de Cuenca et de Guayaquil. De plus, l’Université San Francisco à Quito, propose une sous-spécialisation en danse et en théâtre. L’intégration de la danse à l’université est très récente, elle est principalement mise en oeuvre pour la formation technique des danseurs en écartant les aspects de la réflexion et de la théorie de la danse, tout comme les aspects de la création et de la direction.
Des écoles existent pour la formation de danseurs dépendants des compagnies de l’État, comme Metro Danza (Ballet Ecuatoriano de Cámara) ; l’École de la Compagnie Nationale de Danse ; l’Institut National de la Danse ; l’École du Ballet du Centre d’Arts de Guayaquil, etc…
Parmi les écoles indépendantes, nous pouvons mentionner le Frente de Danza Independiente (Front de Danse Indépendante), le Groupe SARAO et les groupes indépendants de Manta, de Cuenca, d’Ambato et de Santo Domingo de los Colorados.
La récente formation du Ministère de la Culture en 2007 au sein de l’actuel gouvernement ouvre la possibilité d’engendrer une croissance pour la culture en général et pour la danse en particulier. Les premiers appels à candidature ont ainsi été mis en place pour des bourses et des subventions aux projets culturels 2008.
La Maison de la Culture Équatorienne, bien qu’elle ne dispose pas des fonds d’aide à la création ou à la diffusion, continue avec son travail de promotion de la culture par le biais de ses noyaux localisés dans différentes provinces.
Les productions de documentation et l’activité théorique en général sont peu abondantes. Il faut néamoins mentionner les livres de Natasha Salgueiro Nace una danza (une danse Naît) de 2002, qui relate les débuts de la danse moderne de l’Équateur et Wilson Pico 40 años en escena (Wilson Pico, 40 ans de scène) de 2007, qui est un résumé d’interviews avec le chorégraphe Wilson Pico. Les revues mensuelles El Apuntador (www.elapuntador.com) et Ochoymedio (www.ochoymedio.net) sont également à citer.
Des institutions comme l’Institut Goethe, l’Association Humbold, l’Alliance Française, le Collège Allemand et la Maison d’Espagne entre les autres, offrent parfois leur soutien aux projets culturels.
Texte de : Josie Thamar Cáceres et Tamia Guayasamín, novembre 2007