Guadeloupe

La Guadeloupe est un département français depuis 1945 qui est situé dans la mer de la Caraïbe ; c’est la plus grande des petites Antilles. C’est un archipel constitué de deux îles principales : la Grande-Terre et la Basse-Terre, et d’autres petites îles autour.

Ce très petit territoire de 1705 Km est composé de 420.000 habitants environ. De part son histoire, la population de la Guadeloupe est très diverse. Elle se compose de descendants de colons européens (békés), africains (créoles) et indiens ainsi que des immigrants syro-libanais et chinois. Ainsi, un très grand métissage ethno-socio culturel constitue la société guadeloupéenne.

Le passé esclavagiste et colonial ainsi que la situation géographique de la Guadeloupe, située dans le bassin caribéen, donne à cette région une relation particulière avec les îles indépendantes de la Caraïbe. Contrairement à d’autres régions françaises, la Guadeloupe a noué des relations directes avec les îles anglophones et hispanophones de la Caraïbe, en raison de la localisation géographique, de l’histoire commune ou similaire, de la langue... Néanmoins, le lien historique, économique, administratif et politique que la Guadeloupe entretient depuis des siècles avec la France, plonge cette dernière dans l’espace européen et induit une très grande complexité dans le paysage culturel et artistique. En effet, la Guadeloupe joue sur plusieurs réseaux : c’est une région ultra-périphérique qui ne fonctionne pas réellement comme une région française, qui ne dispose pas des même infrastructures que la métropole, tout en bénéficiant de certains avantages. Ainsi, la Guadeloupe, tout en fonctionnant en relation avec la France, privilégie des relations avec le bassin caribéen et plus largement avec l’international pour perdurer.

Les espaces de présentation
Même si au cours des décennies il y a eu des tentatives de programmation régulière pour la danse, aucun festival ou saison de danse n’ont encore été créées pour la danse contemporaine. En revanche, il existe un espace qui peut être un tremplin pour la projection de films de danse lors du mois du film documentaire. L’évènement du Mois du Film Documentaire a la particularité de se produire sur l’ensemble du territoire guadeloupéen permettant ainsi de toucher un large public.

L’ensemble des artistes tant en danse, musique, peinture, arts visuels, théâtre… s’inspirent de la culture Gwo-ka pour leur création. Plusieurs démarches artistiques émergent, allant de la tradition pure à une expression contemporaine. Il n’existe pas d’espace référencé pour la visibilité de la danse contemporaine. Par contre, il existe des personnes de ressources qui ne sont pas identifiées comme des experts, mais qui sont un bon écho pour tout projet artistique. L’activité pour le développement de la danse se focalise sur les deux principales villes de l’ile : la Basse-Terre, capitale administrative, où se situe la scène nationale de la Guadeloupe (L’Artchipel), lieu privilégié pour le travail de création, de résidence, de programmation et de co-production dans la création contemporaine. Le deuxième théâtre capable de recevoir 1100 personnes se situe à Pointe-à-Pitre, c’est le Centre des Arts et de la Culture, qui reste pluridisciplinaire mais qui est capable de diffuser et de co-produire les compagnies étrangères. Deux autres théâtres, plus petits en termes d’infrastructure et de logistique, mais qui restent sensibles à la diffusion de travaux d’expérimentation ou de petites formes chorégraphiques, c’est le Centre Culturel du Sonis situé dans la ville la plus peuplée de la Guadeloupe : les Abymes, et le Théâtre Robert Loyson dans la ville du Moule.

Politique culturelle pour le secteur danse
Etant une région française, la politique culturelle menée sur notre territoire découle de la politique instituée par le ministère de la culture française, relayé sur place par la DRAC - Direction Régionale des Affaires Culturelles - Guadeloupe. L’autre partenaire privilégié pour le soutien aux projets culturels est le Conseil Régional de la Guadeloupe. Le Conseil Général peut occasionnellement participer aux subventions, mais à moindre coût. Certaines municipalités, à savoir Pointe-à-Pitre, Baie-Mahault, Abymes et le Moule, peuvent intervenir sur des projets spécifiques mais souvent de manière ponctuelle et limitée. Nous pouvons noter un réel progrès où le système institutionnel est davantage impliqué dans les aides à la création, à la diffusion, aux échanges culturels tant dans le fait de recevoir des productions étrangères que de soutenir les créations locales. Une meilleure reconnaissance du statut d’artiste se vérifie par la prise en charge juridique et sociale des artistes : droit d’auteur, statut d’intermittents du spectacle, licence d’entrepreneur de spectacle, aides aux projets, échange international… Malgré cette évolution institutionnelle, la visibilité de la danse continue à être portée par des individus et encore davantage pour le développement de la danse contemporaine.

Réalité du mouvement de la danse
Actuellement, seulement deux compagnies sont orientées vers une démarche en danse contemporaine, toutes deux sont imprégnées de la culture caribéenne. On trouve la Cie Modest dirigée par Jean-Claude Bardu qui nourrit de la culture urbaine, la danse africaine, le jazz et le Gwo-ka. La Cie Trilogie-Lénablou est la plus représentative de la création contemporaine caribéenne, de par ses tournées internationales et ses échanges avec la Caraïbe, l’Europe, l’Amérique et l’Afrique. La compagnie commence à se positionner et à conforter ses échanges sur le plan international tout en affirmant une danse contemporaine caribéenne. Par ailleurs, plusieurs associations se mobilisent fortement pour la danse contemporaine même si l’essentiel de leur pratique est la danse traditionnelle. Nous pouvons retenir la directrice de Kamodjaka qui demeure une personne de ressource incontournable. En effet, Mme Raymonde Torin est chargée du Baccalauréat danse au lycée et c’est dans le milieu scolaire que la danse contemporaine est largement pratiquée. Le mouvement en danse contemporaine est encore très faible et il y a davantage une multiplication des écoles de danse que de création des compagnies de danse. Toute la visibilité de la danse en général provient des compagnies amateurs, essentiellement axées sur la tradition. Chaque ville ou commune développe sa propre politique culturelle, mais de façon non professionnelle.

La Formation
La Guadeloupe est le seul département français sur la Martinique, la Guyane, et la Réunion à posséder un centre de formation au professorat de danse en contemporain, jazz et classique. Ce centre est dirigé par la scène nationale de la Guadeloupe. Il existe une école de référence pour la formation en danse contemporaine ainsi que les autres techniques académiques (jazz, classique, moderne) mais qui propose et qui défend le département des techniques caribéennes. Il s’agit du Centre de Danse et d’Etudes Chorégraphiques situé à Pointe-à-Pitre, qui échange avec les écoles internationales.

Les principaux centres de danse
Tout en étant un département français, la Guadeloupe ne possède pas de structures spécifiques à l’enseignement de la danse type : centres chorégraphiques, écoles spécialisés ou conservatoires. Ces établissements sont situés sur la métropole, c’est-à-dire à 8000 Km de la Guadeloupe. Néanmoins, il existe plusieurs écoles de statut privé ou de formes associatives dont la majorité pratique essentiellement la danse traditionnelle de la Guadeloupe (le Gwo-Ka). Les deux plus anciennes écoles sont l’Akademiduka créé par Jacqueline Cachemire-Thôle, et Kamodjaka dirigée par Raymonde Torin. Les autres écoles de danse enseignent le classique, le jazz, la danse africaine et la danse de salon. Nous pouvons notamment citer l’école de danse de Joëlle Wargnier, l’Académie de danse de Lydia Deshauteurs et L’Académie Internationale de danse de Véronique Roche… La spécificité du Centre de Danse et d’Etudes Chorégraphiques (CDEC) est qu’il est la seule école à proposer à la fois des cours de danse académiques, contemporaine, moderne, jazz, classique et des cours de techniques caribéennes (Techni’ka).

La Guadeloupe est le seul département français sur la Martinique, la Guyane, et la Réunion à posséder un centre de formation au professorat de danse en contemporain, jazz et classique. Ce centre est dirigé par la scène nationale de la Guadeloupe qui reçoit des candidats venant de la Caraïbe et de France. Il existe une école de référence pour la formation en danse contemporaine ainsi que les autres techniques académiques (jazz, classique, moderne) mais qui propose et qui défend le département des techniques caribéennes. Il s’agit du Centre de Danse et d’Etudes Chorégraphiques situé à Pointe-à-Pitre, qui échange avec les écoles internationales.

Publication
En 2006, la chorégraphe Lénablou publie aux Editions Jasor un ouvrage résultant d’un travail de recherche sur la danse Gwo-ka. Son travail consiste à forger une méthode d’enseignement et aborder un travail de création contemporain à partir de la danse traditionnelle de la Guadeloupe. L’intitulé de ce livre est la Techni’ka qui est un ouvrage pédagogique pour comprendre à la fois la culture Gwo ka et aussi s’ouvrir vers une démarche contemporaine caribéenne.

Texte de : Lena Blou, mars 2009

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