La Guyane, région et département d’outre-mer français d’Amérique du Sud, a une population d’environ 200 000 habitants. C’est le plus grand département français et le plus boisé puisque 96% du territoire est couvert d’une forêt équatoriale, la plus grande partie du territoire n’est pas habitée. L’économie de la Guyane est lourdement dépendante du soutien du reste de la France et il y a un fort taux de chômage (30%). Amenés au fil du temps par les différentes vagues d’immigration de nombreuses communautés, une quarantaine de nationalités coexistent en Guyane. La population, qui est très jeune puisque 43% ont moins de 20 ans, se compose d’une majorité de créoles guyanais (environ 40%). La langue officielle est le français, mais de nombreuses langues locales sont parlées (créole guyanais, arawak, palikur…).
En Guyane, la danse contemporaine trouve son originalité et sa richesse dans ses racines créoles et africaines. Peu à peu, les artistes créoles osent affirmer leur identité dans leur danse en s’inspirant de leur danse traditionnelle ou africaine dans une écriture contemporaine. On a tendance a attribuer des “étiquettes” à la danse contemporaine guyanaise comme “danse afro-créole” ou “danse créole”. Les chorégraphes et les danseurs ont besoin d’espaces de programmation pour affirmer l’identité de leur art qui suscite de plus en plus la curiosité d’un public de plus en plus nombreux.
La majorité des spectacles de danse contemporaine ont lieu à l’espace ENCRE. Créé 2004, cet ENsemble Culturel REgional se compose de 3 grandes structures culturelles : l’EMND - l’école nationale de musique et de danse, l’OCRG - l’office culturel de la région et l’Auditorium, théâtre qui peut accueillir 440 spectateurs.
Il existe actuellement quelques événements qui programment de la danse contemporaine en Guyane. Le plus important est le festival Les Rencontres de Danse Métisse d’Expression Noire, organisé par l’Association Antipodes. Créé en 2000 par la chorégraphe Norma Claire, le festival veut encourager la création et les échanges artistiques en affirmant une identité créole dans le paysage chorégraphique actuel.
Rattachée de manière administrative à la France, la Guyane bénéficie de certains appuis culturels et financiers pour la mise en oeuvre de ses actions. Nous pouvons citer la DRAC - Direction Régionale des Affaires Culturelles qui développe et met en valeur les activités musicales et chorégraphiques (réseaux de diffusion, enseignements artistiques, coordination de certaines manifestations…). Le Conseil Régional et le Conseil Général soutiennent administrativement et financièrement les activités culturelles, les associations et les cies de danse. Ils font la promotion de la création, de la diffusion de la culture, et met en valeur la diversité culturelle et le développement de nouvelles formes d’expression culturelle.
Les cies de danse contemporaine en Guyane sont peu nombreuses. La compagnie la plus connue au niveau national et international est la Cie de danse créole contemporaine Norma Claire, créée en 1992 (www.compagnienormaclaire.com). La cie travaille autant en France métropolitaine qu’en Guyane où la elle réalise des projets sociaux et culturels. En France, a cie organise entre autres des cours de formation pour les professionnels et les amateurs. En Guyane, elle organise des cours réguliers d’initiation à la danse africaine, contemporaine et hip-hop dans les sept villes du pays et développe des actions de sensibilisation vers la danse comme des résidences, des activités de danse contemporaine dans les quartiers défavorisés, les écoles, l’université etc….
Il existe d’autres compagnies comme la cie Julie Adami qui allie la danse contemporaine et la danse traditionnelle de la Guyane dans son travail ou la cie Iles Danses de Yvette Legoff. On peut également noter la présence de jeunes compagnies de hip-hop au niveau local, telles que la cie Djambel Free Touch à Cayenne, la cie Boogie West à St-Laurent-du-Maroni, la cie Interzone, la cie Wibassie et la cie Triple HP à Kourou ou la cie Danger Squad Crew à Matoury.
Il existe peu de possibilité de formation pour les danseurs de danse contemporaine. Pour cela, beaucoup de Guyanais partent aux Antilles pour passer leur EAT (Examen d’Aptitude Technique), généralement pour le Jazz ou le Classique, ou en France pour passer son D.E, Diplôme d’État. L’école Nationale de Musique et de Danse est la principale école qui transmet depuis 1996 sa passion pour la danse et le théâtre, sous la direction de Christine Santoni. L’école de danse ADACLAM créé en 1974 et dirigée par Jeanine Verrin il forme de jeunes danseurs et organise des concours régionaux pour la Confédération Nationale de la Danse. La Ligue de la Danse créée par M. Parfait et M. Faledan organise annuellement une rencontre des écoles et des associations de danse.
Texte de : Mélanie Fréguin, juillet 2009
En collaboration avec : Norma Claire