Haïti

Haïti est une république indépendante située dans la partie occidentale de l’île Espagnole qu’elle partage avec la République dominicaine. Sa population est de huit millions d’habitants dont 70% vivent dans la pauvreté et 50% sont analphabètes. La capitale, Port-au-Prince, est aussi la plus grande ville du pays. Dès 1987, Haïti a deux langues officielles, le Français et le Créole haïtien.

Haïti est un pays d’une très grande diversité culturelle, enrichie par l’influence de différentes cultures des habitants d’origine, les arawak et de ceux issus des pays africains, d’Espagne, de France, d’Amérique, etc.. La danse haïtienne s’accompagne d’une musique puissante et suppose une expérience unique du mouvement. La cosmologie Vaudou est un facteur influent. Les danses et les rituels ont surgi pour essayer de préserver les formes sacrées et sociales de l’art, les coutumes et les croyances, en réponse aux conditions de travail difficiles et de l’esclavage. L’anthropologue et pionnière de la danse, l’afro-américaine Catherine Dunham, a étudié le vaudou et la danse haïtienne en général pour développer sa célèbre "Technique Dunham" ; en 1947 elle a écrit le livre "Les danses d’Haïti, son organisation sociale, classification, formes et fonctions".

Malgré tous les obstacles auxquels les artistes haïtiens doivent faire face dans un pays comme Haïti, où les artistes non pas de statut social, la danse contemporaine commence à faire son apparition notamment grâce au chorégraphe Jeanguy Saintus, co-fondateur de la cie Ayikodans, créée en 1989.

Jeanguy Saintus dirige l’école Artcho Danse et le Studio-Théâtre Dansepyenu. Dans l’intention d’ouvrir la danse contemporaine à tous, Jeanguy Saintus a initié le projet Dansepyenu en organisant des ateliers pour des jeunes danseurs talentueux dont les revenus sont modestes.

Le Studio-Théâtre Dansepyenu d’Artcho danse et l’espace culturel Fokal - Fondation Connaissance et Liberté, sont les deux uniques espaces d’Haïti qui programment de la danse contemporaine et des activités parallèles, comme des ateliers de formation et de recherche, des conférences, etc..

L’espace Artcho Danse a accueilli, en été de 2007, le Laboratoire Régional de Recherche et d’Échange Chorégraphique intitulé "Le corps miroir du temps" qui a réuni une vingtaine de chorégraphes de la région caribéenne avec pour objectif d’offrir un espace-temps de travail, de rencontres et d’échanges. L’atelier a permis d’initier une réflexion collective sur ce qu’est aujourd’hui la danse contemporaine caribéenne. De plus, l’espace a accueilli en 2008 le spectacle itinérant des compagnies récompensées à la Biennale de Danse Contemporaine célébrée en mars 2008 dans le cadre du projet Caraïbes en Créations, réalisé par l’agence française Culturesfrance.

D’autres espaces existent, tels que l’Academie de Danse RMT, le Centre de Danse Jean-René Delsoin, l’Institut de Danse Lynn Williams Rouzier, les Ballets Folkloriques d’Haiti, Haiti Tchaka Danse, Ecole de Danse Joelle Donatien Belot, mais ces derniers n’offrent que des cours de danse traditionnelles, jazz et classique.

Les uniques institutions qui proposent quelques subventions sont l’Institut français, Fokal - Fondation Connaissance et Liberté et le SCAC - Service de Coopération et d´Action Culturelle à l´Ambassade de France. Par exemple, l’Institut Français d’Haïti organise chaque année une programmation culturelle et artistique de qualité et apporte un soutien au développement culturel, sous forme de résidences d’artistes, d’aide à la coproduction ou d’appui à la diffusion. De même, Fokal est fortement impliquée dans le support à la production culturelle, l’appui à la création, la diffusion du savoir, l’accompagnement des étudiants et universitaires dans leur projet. Le SCAC se place à un niveau plus général en octroyant des bourses et en facilitant les partenariats entre la France et Haïti.

Texte de : Mélanie Fréguin & Isabel Ferreira, juillet 2009
En collaboration avec Jeanguy Saintus

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