La République dominicaine réunit environ 9 millions d’habitants dont 73% sont métisses et 75% vivent au seuil de la pauvreté. Saint-Domingue est le centre névralgique et culturel de l’île. La culture dominicaine se partage entre une forte influence de la culture nord-américaine (surtout pour la jeune génération) et ses traditions populaires : le Carnaval, les batailles de coqs, et surtout la danse qui est omniprésente, dont on peut mentionner le merengue, la bachata et les bâtons ou les timbales.
La danse contemporaine dominicaine souffre d’un manque de soutien du secteur public et privé et d’un manque d’information à tous les niveaux : une documentation actualisée, un entraînement systématique, une formation professionnelle. Cependant on note la persistance des chorégraphes indépendants à se maintenir actifs dans leur processus de création, de formation et de diffusion.
Contextes pour la présentation de la danse
L’unique évènement international de la danse que nous pourrions mentionner comme festival est la Rencontre de Danse Contemporaine (EDANCO) créée en 2004 par Edmundo Poy, professeur à l’École Nationale de Danse. Cet évènement ne possède pas de ligne de programmation définie et il est très prévisible concernant la sélection des groupes nationaux. Dans ses deux dernières éditions, EDANCO a accueilli des invités internationaux.
Cependant, il existe aussi la Rencontre des Chorégraphes Contemporains, évènement qui accueille majoritairement des créateurs dominicains en compromis avec le développement de la danse. Créé en 1996, il gagne progressivement un public en faveur de la danse contemporaine. Dans deux de ses éditions (2000 et 2002) il a invité des artistes étrangers, mais il n’accueille actuellement que des créateurs dominicains. L’événement n’a pas non plus de ligne de programmation définie, bien qu’il essaie d’assurer le niveau de qualité des créations qu’il présente. La direction artistique et la production est au compte du Collectif de Chorégraphes, composé par huit chorégraphes qui présentent aussi leurs oeuvres auprès des artistes invités.
Politiques culturelles
Il n’existe pas d’institution proposant des programmes d’aide pour la danse. Les artistes peuvent essayer d’obtenir une contribution modeste et ponctuelle pour des voyages ou des spectacles par le biais du Secrétariat d’État de la Culture. La Direction Nationale de la Danse avec M. Víctor Ramirez (codirecteur, chorégraphe et danseur au Ballet Roto), a été abolie en 2008 par le nouveau gouvernement.
Compagnies
Il existe certaines compagnies qui fonctionnent de manière intermittente et amateur. Nous pouvons mentionner les compagnies Bló à Bló, Ballet Roto et Xpreso Danza Contemporánea. Cette dernière a été créée par la Costaricaine Karol Marenco. Bló à Bló, fondée en 2003 par Awilda Polanco et la mexicaine Cécilia Camino a gagné le 1er prix de la 1ère Biennale de Danse Contemporaine des Caraïbes en 2008. Ce prix est un pas important qui tend à une plus grande valorisation de la danse contemporaine pour l’île. Ballet Roto a été fondé en 1993 par Mercedes Morales et Víctor Ramirez qui ont toujours cherché de nouvelles expressions du mouvement, en s’appuyant sur différents styles et techniques.
Formation
Il n’existe pas dans le pays de formation au niveau universitaire. L’École Nationale de Danse (ENDANZA) est le principal centre de formation qui propose des diplômes d’interprète contemporain depuis 2006 (mention classique et folklore). A savoir que, quasiment personne, issu des deux promotions réalisées, n’a fait le pari d’approfondir sa formation pour être préparé en tant qu’artiste contemporain. La majorité des écoles privées sont orientées vers la formation de ballet classique. Des écoles existent, privées de cours contemporains, comme Ecos Espacio de Danza et Danzas Soraya Gallardo.
Publicaciones
Il n’y a pas de publications spécialisées en danse. Quelques sites Web et blogs proposent des informations sur la culture dominicaine tels que : Vetas Digital (www.vetasdigital.com), Caudal, revue trimestrielle de lettres, d’art et de pensée, (www.revistacaudal.blogspot.com), la Revue indépendante du théâtre dominicain N° 1,2 et 3, Monstruo del Entremés (www.teatroguloya.org).
Texte de : Awilda Polanco, Jochi Muñoz et Maricarmen Rodríguez, mars 2009