La Bolivie est un pays multi-éthnique et pluriculturel, riche en traditions et en coutumes. Le pays possède une quantité importante de ressources naturelles, avec une population de 10 millions d’habitants. Chaque région est habitée par des collectifs aux diverses caractéristiques, dispersés sur un territoire tout aussi divers, depuis le haut plateau jusqu’à l’Amazonie, en passant par des vallées, des déserts, des lacs salés, etc… La population est majoritairement d’origine indigène (62 %) ; les langues les plus utilisées sont le Castillan, le Quechua, l’Aymará et le Guarani, en plus d’un nombre considérable de dialectes.
La Bolivie se trouve actuellement dans une phase transitionnelle au niveau de la politique sociale. Face à l’urgence des nécessités les plus primaires, le développement culturel se retrouve conditionné et limité. L’accès à l’éducation de qualité est très limité : le niveau d’analphabétisme plafonne à 50 %, à savoir que 64 % de la population vit dans la pauvreté.
Promotion Culturelle
Bien qu’il existe un ministère de la culture depuis 2009, il n’y a pas d’aides représentatives pour les professionnels de la danse. De plus, aucune politique tangible ne guide l’état et les actions privées. Les actions et les fonds étatiques dédiés à la culture sont infimes, la question culturelle n’est pas une priorité par rapport à l’ensemble des nécessités basiques auxquelles le pays doit subvenir.
Le dénominateur commun des politiques culturelles en Bolivie est la fugacité et la proximité. Les institutions publiques, de par leur nature politique - partisane, ne sont pas capables de soutenir des propositions cohérentes et substantielles. Par ailleurs, les institutions culturelles dépendantes d’organismes internationaux et les fondations et associations locales indépendantes ont obtenu de meilleurs résultats à moyen terme, avec des projets importants pour la conservation du patrimoine culturel, la diffusion et l’échange national et international, et dans un moindre degré pour la formation et la stimulation de la création artistique.
La Danse
La Bolivie est un pays qui détient une importante tradition en matière de danse, principalement la danse folklorique qui intègre tous les secteurs sociaux et culturels, avec des connotations liées à la religion, au contexte géographique, aux rites, aux usages et aux coutumes, etc..
Le développement de la danse scénique s’est limité à de petits groupes issus des classes moyennes et élevées. Ses principales variantes vont du Ballet classique, en passant par la danse folklorique stylisée et la danse moderne.
Il n’existe pas de réel appui à la danse en tant que profession de la part de l’état, des municipalités et des institutions culturelles. Les compagnies qui disposent d’un appui du Vice-ministère de la Culture sont : le Ballet Officiel de la Bolivie, qui travaille un langage classique et le Ballet Folklorique National. Des écoles municipales et des universités des principales villes du pays, de niveau amateur, peuvent prétendre à certains appuis.
Il n’existe pas de centres de formation moyenne ou supérieure, ni de cours moins spécifiques qui pourraient contribuer à l’éducation technique ou créatrice.
En Bolivie, les compagnies indépendantes qui développent la danse de manière professionnelle sont très peu nombreuses ; elles sont majoritairement constituées par des danseurs formés à l’étranger. Le mouvement de la danse se concentre essentiellement sur les écoles de danse indépendantes et d’état qui développent principalement la danse folklorique et le ballet classique, et dans une moindre mesure, la danse moderne et le jazz. Actuellement la majorité des productions qui se présentent au public sont des spectacles de fin d’année des élèves issus de ces écoles.
Les classes de danse des écoles sont principalement constituées de trois groupes de personnes : celles qui pratiquent la danse en tant que passe-temps et qui, le plus souvent, abandonnent la danse après quelques années ; celles qui continuent leur relation avec la danse en travaillant dans l’enseignement et celles, peu nombreuses, qui poursuivent leur formation à l’étranger.
La danse contemporaine en Bolivie
La ville de Cochabamba est le foyer principal de développement de la danse contemporaine. Cela fait plus de vingt-cinq ans que Melo Tomcich a introduit le langage contemporain dans ses spectacles. Son influence s’est étendue jusqu’aux années quatre-vingt-dix, lorsqu’ont surgi les nouveaux professeurs, qui ont ensuite formé les premières compagnies indépendantes de danse aux intentions professionnelles, comme les compagnies Vidanza et Atempo.
Nous pouvons également mentionner Karen Schmidt and Katia Salazar, autres références importantes pour les débuts de la danse contemporaine en Bolivie. Dans les années 80, Karen Schmidt a créé la première compagnie de danse à La Paz, Dragadanza. Elle a initié de nouvelles propositions et a influencé la nouvelle génération de danseurs. A la même période, Katia Salazar a développé à Santa Cruz un travail important de diffusion des techniques contemporaines. Ce processus reste encore dans sa phase initiale dans la ville de La Paz, avec quelques chorégraphes et certaines compagnies comme Noreen Guzmán de Rojas, Marie José Rivera, Katak et l’Acanthe Danse, qui introduisent un mouvement intéressant.
Les contextes de présentation sont réduits et il n’y a pas de demande de public intéressé par danse contemporaine. Le travail développé par les artistes se présente principalement par une forme d’auto-gérance. Dans les dernières années ont surgi quelques festivals internationaux qui programment de la danse, comme le Festival Internacional Contemporáneo Andanza à La Paz et le Festival Internacional de Danza Contemporánea de Cochabamba ; ainsi que le Festival Internacional de Teatro de Santa Cruz qui a programmé lors de ses dernières éditions de la danse, en réalisant des tournées pour des publics restreints dans le département de Santa Cruz.
La Bolivie se trouve immergée dans les prémisses d’un processus complexe par rapport la compréhension, le développement et la promotion de la danse contemporaine. Il y a toujours quelques conditions de base qui permettent d’élaborer son développement : la création des publics, la stimulation de la recherche technique, esthétique et historique ; une critique spécialisée et des publications, des créations d’espaces de formation supérieure, des espaces de réflexion ; une création de circuits de circulation locale et internationale, des formations d’auto-gérance et une production ; un niveau d’association plus important, une participation et un engagement des personnes impliquées ; des politiques publiques orientées vers la promotion, des subventions pour la création et l’échange, une législation de travail spécifique, etc..
Texte écrit par : Daniel Calderón, 15 octobre 2007
Texte actualisé par : Cie Gilles Jobin, août 2010